info
Thank you for visiting my theme! Replace this with your message to visitors.

Rapport de réalisation 2018-2019

Rapport de réalisation 2018-2019

 

PROJET ÉDUCATIF D'ALOUMIM

Rapport de réalisation

ANNÉE SCOLAIRE 2018-2019

 

Ce projet porte sur l’enseignement de l’Histoire de la Shoah en France et en Afrique du Nord et sur la transmission de la Mémoire de la Shoah aux jeunes générations d'Israël.

Il est d’autant plus important que l’enseignement de l’Histoire de la Shoah en France n’est pas dans le programme de l’Education Nationale en Israël. Le projet d’Aloumim est, en collaboration avec Yad Vashem, le seul à traiter ce sujet.

 

Au cours de l’année scolaire 2018-2019, le projet s’est développé au-delà du travail dans les écoles, grâce au travail de collaboration étroite entre Dora Weinberger et Martine Hassan, co-responsable du projet, qui a assuré le suivi pédagogique tout au long de l’année auprès des écoles, et mais aussi grâce à l’implication de plusieurs professeurs d’Histoire et de français, qui ont pris en charge les différents projets dans les écoles (voir ci-joint le compte-rendu du collège Rabin, Tel Mond, qui a obtenu le 1er prix du projet Aloumim pour cette année).

Cette année ont participé au projet des classes de troisième et de quatrième. Parmi les classes de quatrieme, nous avons été particulièrement impressionnés par le niveau de recherche et de réflexion d’une classes d’élèves surdoués de l’école Hillel, Ramat Gan.

 

Les activités dans toutes les écoles sont une illustration des buts initiaux du projet éducatif d’Aloumim :

  1. Faire connaître aux enseignants et à leurs élèves la spécificité de l’Histoire de la Shoah en France et en Afrique du Nord.
  2. Encourager les élèves à prendre une part active aux recherches sur cette période de notre passé.
  3. Enseigner et transmettre aux générations futures le vécu des "Enfants Cachés", les arrestations, les rafles, la déportation de leurs proches et le rôle important des Justes de France grâce auxquels une grande majorité de Juifs a réussi à survivre.

Cette année encore, plusieurs membres d’Aloumim ont apporté leur témoignage dans les établissements scolaires à la demande des directeurs.

Le matériel pédagogique est fourni par Aloumim aux candidats (liens vers les sites internet, livres, brochures, travaux des années précédentes).

 Le journal d’Aloumim « Mémoire Vive » constitue depuis sa création en 1993 un support pédagogique essentiel par l’importance et l’intensité des témoignages qu’il contient.

 

 Le concours national est, comme chaque année, organisé en partenariat avec l’Ecole Internationale pour l’Enseignement de la Shoah de Yad Vashem, Jérusalem.

Les lauréats sont désignés par un jury composé de membres du corps enseignant de Yad Vashem, de membres d’Aloumim, des responsables pédagogique du projet éducatif  et d’un Inspecteur du Ministère de l’Education nationale.

Les prix, financés par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, sont remis aux écoles primées ainsi qu'aux lauréats, au cours d'une cérémonie à Yad Vashem en fin d'année scolaire.

 

Cette année, sur tous les établissements scolaires qui ont travaillé sur ce projet par classes ou par petits groupes, deux de ces établissements ont été retenus et primés. Les établissements scolaires primés ont reçu un diplôme de Yad Vashem, et tous leurs élèves ont reçu un diplôme de l’association Aloumim.

  1.  Premier Prix : Collège Yitzhak Rabin, Tel Mond - 2 classes de français de troisième – Rapport d’activité détaillé ci-après p.11 a 21

Pendant les cours de français, ces élèves ont effectué un travail de recherche sur l’Histoire de la Shoah en France à travers le cinéma français. En supposant qu’un film est un parfois un produit de l’histoire, quand le but du metteur en scène est de raconter les faits historiques, en se basant sur une histoire personnelle, sous l’influence de sa sensibilité et de son opinion personnelle.

La génération d’aujourd’hui appartient au siècle de la technologie et de l’informatique, et elle est très sensible à toute information passant par l’écran.

Après avoir été sensibilisés à l’Histoire de cette période, ils ont choisi un sujet parmi les sujets proposés et ont entamé des recherches par petits groupes de 2/3 élèves.

Ensuite 6 films sur le sujet ont été visionnés sous le suivi pédagogique de leur professeur (liste des films dans le compte-rendu ci-joint).

Entre chaque visionnage, des membres d’Aloumim sont venus donner leur témoignage personnel.

Enfin les travaux de recherche produits ont été présentés aux parents d’élèves, et une exposition a été organisée au sein de l’école, afin de présenter les sujets étudiés au reste des classes et a tout le personnel enseignant du collège.

Photos de l’exposition sur le lien suivant :

         https://photos.app.goo.gl/AhrP9EaNuT6rh4sg8

       

        Une partie de ces élèves ont participé activement à la cérémonie de Roglit :

        Photos sur le lien suivant : https://photos.app.goo.gl/AhrP9EaNuT6rh4sg8

      

 

  1.  Deuxième Prix : Ecole Hillel, de Ramat Gan – 2 classes de quatrième d’élèves

 

Guidés par leurs professeurs, Batya Meydan et Helen Ben Ami, une quarantaine d’élèves ont effectué des travaux de recherche sur une vingtaine de sujets proposés par l’équipe pédagogique d’Aloumim (ci-joint la liste des sujets proposés p.9 de ce rapport).

Ils ont commencé par étudier les faits historiques de cette période, et ont ensuite entrepris des travaux de recherche par petits groupes de 3 à 4 élèves.

Ces recherches se sont concentrées à partir de témoignages écrits d’enfants caches, leur destin pendant la Shoah et leur approche afin de maitriser les nombreuses difficultés de leur vie quotidienne de l’époque et leur expérience personnelle.

Apres lecture dirigée et explications de texte de ces témoignages, ils ont entrepris des travaux écrits en choisissant l’un des sujets évoqués dans ces témoignages.

D’autres témoins, dont des membres d’Aloumim sont également venus leur raconter leur expérience personnelle de cette période.

Ces élèves ont illustré leur travail des dessins ci-joints sur le lien suivant :

https://photos.app.goo.gl/haiEGtvXf2c3esvx9

 

Cette année, tous les élèves des écoles ayant participé au projet éducatif d’Aloumim ont été particulièrement émus de voir en direct à la télévision la cérémonie nationale du Yom Ha shoah, et d’écouter à nouveau le témoignage de Fanny Ben Ami et Tzipora Granat, deux enfants caches membres d’Aloumim, qui ont eu l’honneur d’allumer ce soir-là une flamme en souvenir des membres déportés de leur famille.

 

 

CÉRÉMONIE DE DISTRIBUTION DES PRIX 2018-19

YAD VASHEM

 

Le jeudi 13 juin 2019 a eu lieu la distribution des prix accordés aux lauréats qui ont œuvré tout au long de l'année scolaire pour la transmission de l'histoire de la Shoah, et participé au concours national organisé par l’école pour l’enseignement de la Shoah de Yad Vashem. (Ci-joint l’invitation à la cérémonie).

La cérémonie s'est déroulée en la présence de nombreuses personnalités de Yad Vashem, des membres d’Aloumim et de représentants du ministère de l'Education israélienne.

Depuis de nombreuses années Aloumim, en partenariat avec l'École internationale pour l'étude de la Shoah de Yad Vashem, et le soutien financier de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, œuvre à l’aboutissement de ce concours en y faisant participer des établissements scolaires qui choisissent pour sujet : l’enseignement de l’Histoire de la Shoah en France et en Afrique du Nord.

 L'objectif de ce concours est d'encourager les enseignants et leurs élèves à perpétuer la transmission de la Mémoire aux générations futures.

Le but d’Aloumim est donc de faire connaître la spécificité de la Shoah en France et en Afrique du Nord, encourager enseignants et élèves à élargir leurs connaissances sur ce sujet afin de préserver et de transmettre le destin tragique de nos parents déportés, le vécu de notre enfance et bien sûr le rôle des Justes grâce auxquels une majorité de Juifs ont réussi à survivre.

Cette année, une école primaire et un collège ont été primés par Yad Vashem.

 

L’un de ces établissements a participé à la Cérémonie de Commémoration de Yom Ha Shoah a Roglit et plusieurs élèves du collège Rabin a Tel Mond ont pris une participation active à cette cérémonie.

Tous ces élèves, suivis par leurs professeurs mais aussi par les responsables du projet éducatif ont commencé les recherches avec une certaine appréhension, qui par la suite, grâce au suivi de l’équipe pédagogique d’Áloumim, s’est muée en une très grande motivation.

Le travail pédagogique, les témoignages émouvants d’Enfants Cachés d’Aloumim, et surtout la participation des élèves à la Commémoration de Yom Ha Shoah à Roglit, ont eu un impact profond sur ces élèves.

L’école d’Enseignement de la Shoah de Yad Vashem a programmé au cours de cette journée des activités pédagogiques adaptées aux sujets étudiés : par exemple, les élèves de l’école Hillel a Ramat Gan ont fait une visite guidée par Shlomo Balsam du Mémorial des Enfants, de même que tous les monuments et départements du musée consacrés au sauvetage des enfants.

Ces derniers nous ont d’ailleurs agréablement surpris par leur maitrise du sujet et leurs connaissances de l’Histoire de la Shoah en France, malgré leur jeune âge.

La cérémonie de distribution des prix de fin de Yad Vashem était extrêmement émouvante pour les lauréats, leurs éducateurs et le public présent dans la salle.

Un court métrage sur le déroulement du travail de chaque établissement prime a été présenté par l’équipe de Yad Vashem et applaudi par le public.

Mr Shlomo Balsam, Président d’Aloumim et Mme Dora Weinberger, ont remis les prix au nom d'Aloumim et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

 

PROJET ÉDUCATIF D'ALOUMIM

ANNÉE SCOLAIRE 2018-2019

 

Liste des sujets proposés

  1. Le sort des Enfants juifs en France pendant la Shoah
  2. La vie quotidienne sous l'Occupation allemande en France
  3. Les Mouvements de Résistance juive sous l'Occupation allemande
  4. La vie quotidienne en zone occupée
  5. La vie quotidienne en zone libre
  6. Les Justes parmi les Nations en France
  7. La Résistance française
  8. Le Sauvetage de Juifs au Chambon-sur-Lignon
  9. Les Statuts des Juifs et les premières lois anti-juives
  10. Le port de l'étoile juive
  11. Le sport pendant la Shoah
  12. L'Art pendant la Shoah
  13. Cinématographie et Littérature pendant et après la Shoah
  14. Le retour à la vie après la Shoah (attente et recherches à l'Hôtel Lutécia)
  15. Le sort des Juifs d'Afrique du Nord (Algérie, Tunisie et Maroc)
  16. La vie quotidienne et la tradition juive dans les camps de Gurs et de Drancy
  17. Le Sauvetage des enfants de Vénissieux
  18. Les traumatismes des Enfants Cachés (classes de première et terminale)
  19. Les Tziganes et les Nomades de France assignés à résidence (camp des Alliés à Angoulême)
  20. Les procès d'après-guerre des criminels nazis

 

Ecole Rabin, Tel-Mond – Premier Prix

Rapport d’activité detaillé dans les etablissements scolaires primés :

Compte-Rendu personnel du professeur Sophie Nizry

 

Protocole de travail

Projet: travail de recherche sur l'Histoire de la Shoah en France à travers le cinéma français. Travaux de groupes en hébreu.

Classe: deux classes de troisième de français soit au total 60 élèves

Ecole: collège Rabin, Tel-Mond, Israël

Professeur: Sophie Nizry

Intervenants:

  • Schlomo Balzam (association Aloumim)
  • Schlomo Bouskila ( témoignage, rescapé de l'Exodus)
  • Fanny Ben Ami ( héroïne du film « Le voyage de Fanny »)

Aides pédagogiques:

Dora Weinberger et Martine Hassan (association Aloumim)

Reouven Peltz,ז. responsable du graphisme pour l’exposition

Visites / Sorties

- musée Massua, Tel Itzhak (en classe de quatrième)

- musée Yad Vashem ( pendant le projet )

- cérémonie à Roglit ( le 2 mai 2019 )

Le projet

   Cette année, j’ai organisé le projet sur l’Histoire de la Shoah en France à travers le cinéma. En effet, l’histoire contemporaine ne peut ignorer le cinéma. Peu importe que les historiens nomment le vingtième siècle « le siècle des extrêmes » ou « le siècle rouge », le XXe siècle fut en toutes circonstances le siècle du cinéma.

  Le cinéma n’est ni naturel, ni éternellement immuable. Il a une histoire. Il est un produit de l’histoire et il sert à faire l’histoire.

  Depuis l’origine, depuis les frères Lumière eux-mêmes, le cinéma oppose le documentaire et la fiction. Un documentaire repose sur des images non fictives, qui sont données par la vie réelle. Ce sont des morceaux de la réalité telle que l’œil peut la saisir. L’archive filmique n’a pas besoin de décor, de faux objets, elle a besoin seulement de saisir le cadre de la vie des hommes. La fiction, elle, peut vagabonder. Le film n’est pas une série de morceaux d’images mis bout à bout par hasard, mais une écriture, et donc un choix. Tout film est une broderie, un assemblage, une sélection d’images et donc une reconstitution du passé vrai, qui peut prendre un sens différent selon l’esprit de celui qui commande, c’est-à-dire le réalisateur.

  En 1941-1942, les plus grands cinéastes d’Hollywood s’engagèrent dans le combat contre les nazis en plaçant l’image au service de la démocratie. Frank Capra, John Ford et John Huston aidèrent et suivirent les armées américaines en campagne. Ils s’enrôlèrent dans le War Department. Il y eut donc une alliance entre l’armée et Hollywood.

  Cette année, j’ai donc axé cette recherche sur les films français. De cette manière, j’ai atteint je pense de manière plus directe voire émotionnelle mes élèves. Les adolescents de notre époque sont nés avec Internet, le portable ou l’ordinateur. Tout chez eux passent par l’image et ils zappent très vite d’un sujet à l’autre.

  Nous avons abordé le sujet en distinguant le film documentaire de la fiction. Nous avons donc visionné quatre films français. Ce travail est long, car il est souvent interrompu (sortie scolaire, examen, autre activité,…) voire parfois décousu. Cela prend du temps et aussi le sujet est quelquefois pesant pour des élèves âgés de quatorze-quinze ans. Ensuite les enfants se sont mis en groupe, ont pris un film de référence et un sujet. Là aussi, nous avons manqué de temps, les vacances scolaires approchant, les élections, les courses d’école tombant à nouveau sur mes leçons…

  Je tenais à souligner enfin que les enfants ont été très sensibles aux témoignages, écoutant avec émotion Fanny ou Shlomo.

Films visionnés

La rafle

Elle s’appelait Sarah

Au revoir les enfants

Un sac de billes (extraits)

Les héritiers (extraits)

Exodus (extraits du film et de documentaires)

Description du travail demandé

- sensibilisation des élèves sur le sujet

- formation de groupes de recherches

- choix du sujet

- production d'un travail de recherche sous forme écrite

- lecture de documents (livres, articles, internet)

- visionnage de films

- témoignages

- présentation du projet aux parents

- organisation d’une exposition et présentation des différents sujets par les élèves

- participation à l’événement de Roglit ( Yom Hashoah)

- visite des classes à Yad Vashem, Jérusalem

- participation active de la direction de l’école ainsi que des parents

- sensibilisation aussi au niveau de la conseillère d’éducation en amont des réactions émotionnelles de la part des enfants

Sujets choisis par les enfants

- les enfants cachés

- l’étoile et les lois de Vichy

- fiches pédagogiques sur les films visionnés

- le Vel d’Hiv

- les camps d’internements en France : Pithiviers, Compiègne, Drancy, Beaune-la-Rolande, …

- les Justes   

Calendrier

De fin janvier 2018 à mai 2019, les élèves ont effectué un travail personnel tant sur le plan émotionnel que sur le plan purement didactique. Ils ont appris l’existence du gouvernement de collaboration de Vichy, ils ont acquis une connaissance plus pointue de l’Histoire pendant cette période, ils ont écouté avec un immense respect les différents intervenants, ils se sont investis prenant une part active dans la transmission du travail de mémoire, ils se sentent aussi plus prêts pour le futur voyage en Pologne.

 Je suis sûre que cela a contribué à éveiller la motivation et la sensibilisation à ce sujet si fondamental pour moi dans l’éducation en Israël. Je pense que mes élèves ont ressenti l’immense privilège de pouvoir encore écouter de façon directe des témoins de cette période et qu’ils ont compris qu’ils étaient un maillon de la chaîne dans le devoir de transmission de la mémoire de la Shoah.

Février 2019 : intervention de Schlomo Balzam (présentation de la situation en France pendant la guerre, zone occupée, zone libre,… et histoire personnelle)

Février 2019: début du projet, visionnage des films

Mars 2019 : toutes les classes de troisième visitent Yad Vashem

Mars- avril 2019 : témoignagnes de Madame Fanny Ben Ami ( devant plusieurs classes soit plus de 100  élèves) et de Monsieur Schlomo Bouskila

Avril- Mai  2019 : exposition dans l’école et présentation par les élèves de leur travail ( ceci pendant une semaine où de nombreuses classes se sont succédées avec un roulement de 45 à 60 minutes par classe)

Mai 2019 : participation à la cérémonie de Roglit

Organisation de l’exposition

   Nous avons utilisé notre salle de classe pour l’exposition. Les tables ont été enlevées et nous avons utilisé cette année l’ordinateur et le projecteur pour montrer aux élèves invités les bandes annonce des différents films traités. Dans chaque intervention, il y a eu des « présentateurs », des élèves ayant fait le projet et partageant leur travail.

  Les murs ont été recouverts de tissu noir ainsi que les fenêtres. Le long d’un des murs de la classe, nous avons gardé trois tables où les travaux et les différents documents y étaient présentés. Nous avons aussi ajouté 6 bougies de « zikaron ».

   Aux murs, nous avons divisé l’exposition en cinq sujets : les juifs en France avant la Shoah, le gouvernement de Vichy et Pétain, les camps d’internement en France et le Vel d’Hiv, les Justes et la Résistance et finalement les films visionnés en classe. Nous avons réalisé de grands panneaux avec des photos ainsi que 4 posters imprimés. Nous avons monté l’exposition en deux jours. Ensuite des élèves volontaires ont présenté de manière autonome au reste des élèves de l’école pendant une semaine à raison de 45 minutes par classe les différents sujets. Nous avons réalisé un calendrier où chacun savait ce qu’il devait présenter et quand.

   Lors d’une intervention, un élève présentait son sujet (par exemple les camps d’internements et le Vel d’Hiv) au groupe. Son intervention durait environ 7 à 8 minutes.

  Je sais que les élèves ont aussi en plus de ce qu’ils avaient appris avec moi et grâce à leurs recherches répété (sans que je leur demande) à la maison avec leurs parents.

   Les thèmes que les enfants ont dû expliquer n’étaient pas forcément leur sujet de recherche. Cependant, je pense grâce à ce travail de longue haleine, chacun a réussi à s’approprier ces différents sujets, à les maîtriser et à réussir à les

enseigner. Je suis persuadée que l’enseignement d’un élève à un autre élève est une source d’enrichissement des deux côtés.

   Je ne fus pas présente aussi la majorité de la semaine lors des exposés,  devant enseigner dans d’autres classes et n’étant pas libérée.

   Chaque classe est venue accompagnée d’un professeur et les retours de ceux-ci furent enthousiastes ainsi que le feed-back des élèves. Il n’y a eu aucun problème de discipline et certains enfants ont regretté n’avoir pas assez de temps pour regarder de manière autonome les photos et poser des questions. Je pense qu’il aurait fallu que chaque groupe reste 60 minutes et non 45.

Réflexions

  • les élèves ont travaillé sur une longue période
  • ils ont utilisés différentes sources, ils ont travaillé avec des livres, des brochures ou articles. Ils ont utilisé aussi l’outil informatique tant au stade des recherches qu’au stade de l’écriture
  • ils ont été « mis dans le bain » grâce à des intervenants de manière très émotionnelle
  • ils ont effectué un travail interdisciplinaire (témoignages, films, internet, visites de musées,…)
  • ils ont réfléchi, élaboré et écrit leur travail de manière individuelle ou en groupe
  • ils ont préparé l’exposition et transmis lors de cet événement peurs connaissances à d’autres élèves de manière totalement autonome ( la plupart du temps devant enseigner, je n’étais pas présente)
  • - ils ont eu l’honneur et le privilège d’assister et de participer à la commémoration lors du Yom Hashoah à Roglit en présence de survivants

Remarques personnelles

  J’ai été impressionnée et touchée par le sérieux, la sensibilité et le respect dont mes élèves ont fait preuve tout au long de ce travail. C’est en effet la première fois que les enfants sont confrontés à un travail actif concernant l’Histoire de la Shoah en France. Ils ont vu la vie des Juifs en France, ils ont appris l’existence d’un gouvernement de collaboration, ils ont compris l’importance aussi des Justes de France.

  Mon histoire personnelle a été aussi longuement évoquée, étant moi-même fille d’une enfant cachée. Je suis sûre que cela a aussi influencé mes élèves dans leur approche.

  Je me sens privilégiée et honorée de participer à un tel projet, de poursuivre à mon humble niveau d’enseignante ce travail de mémoire à des enfants nés en Israël et d’avoir le privilège et la chance de rencontrer des personnes admirables.

   Cette année, je suis aussi à nouveau professeur principal d’une classe de cinquième. J’ai commencé en parallèle par petites touches ce travail de mémoire avec eux aussi. Cependant, je sens qu’ils ne sont pas encore assez mûrs, mais je sais que c’est un travail de longue haleine et que quand nous serons ensemble en troisième, mon travail portera ses fruits.

  Au nom de mes élèves, de leurs parents, de ma direction et en mon propre nom, nous tenons à vous remercier de l’opportunité qui nous a été offerte,

                                                        Sophie Nizry

 

Ecole Hillel, Ramat Gan – Deuxieme Prix

 

Travaux d’illustration des élèves et photos :

sur le lien suivant : https://photos.app.goo.gl/haiEGtvXf2c3esvx9